Études dentaires en Espagne : le témoignage de Valentine, étudiante à Madrid

En bref

Comment se déroulent les études dentaires en Espagne ? Valentine, 21 ans, étudiante à l'Université Européenne de Madrid, revient sur son parcours : choix d'orientation, organisation du cursus, année de césure en cabinet et conseils aux futurs étudiants en odontologie.

Études dentaires en Espagne : le déroulé des cinq années à Madrid, la place de la simulation et de la pratique clinique, les difficultés à anticiper et les critères d'une bonne tenue de dentiste.

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Pour mieux comprendre le quotidien d'un étudiant en odontologie, nous avons échangé avec Valentine, 21 ans, étudiante à l'Université Européenne de Madrid (UEM). Après trois années d'études en Espagne, elle a choisi de faire une année de césure en France afin de travailler comme assistante dentaire dans un cabinet spécialisé en pédodontie. Elle reprendra ensuite sa quatrième année à Madrid, qui marquera également le début de la pratique clinique auprès de patients.

Découvrez l'interview vidéo complète de Valentine :

Du choix des études dentaires au départ en Espagne

Devenir dentiste n'a pas toujours été une évidence pour Valentine. Bien au contraire : pendant longtemps, elle avait une véritable phobie du dentiste.

Déjà attirée par le milieu médical, elle envisageait davantage de s'orienter vers la médecine. C'est finalement un stage réalisé auprès de sa propre dentiste qui va complètement changer sa perception du métier.

En passant de l'autre côté du fauteuil, elle découvre une profession bien plus vaste que l'image qu'elle en avait jusque-là. Elle est particulièrement attirée par cette combinaison entre connaissances scientifiques, technicité, précision des gestes et relation avec les patients.

« Il y avait beaucoup plus à voir dans ce métier que juste le fait de soigner des dents. C'est un métier très technique, avec beaucoup de théorie, un grand côté manuel et surtout un très grand côté humain. »Valentine, étudiante en odontologie à Madrid

C'est cette diversité qui finit par la convaincre de se tourner vers l'odontologie.

Pourquoi faire ses études dentaires en Espagne ?

Le choix de partir étudier à l'étranger s'inscrit assez naturellement dans le parcours de Valentine. Avant son arrivée à Madrid, elle avait déjà passé plusieurs années en Angleterre, où elle avait suivi un cursus international et obtenu le Baccalauréat International (IB).

Ce parcours anglophone a d'ailleurs pesé dans sa décision : à l'Université Européenne de Madrid, elle suit l'intégralité de ses enseignements en anglais. Partir étudier en Espagne ne signifie donc pas nécessairement suivre ses cours en espagnol, ce qui lève un frein important pour beaucoup d'étudiants français. Habituée à travailler dans cette langue, Valentine n'a pas rencontré de difficulté particulière de ce côté.

Comme pour toute formation médicale, le vocabulaire scientifique reste de toute façon à apprendre de zéro, quelle que soit la langue d'enseignement.

Les conditions d'admission, le niveau de langue exigé et la part de l'espagnol dans la pratique clinique varient toutefois d'un établissement à l'autre. Mieux vaut vérifier directement auprès de l'université visée avant de constituer un dossier.

Au-delà de la langue, c'est surtout la place accordée à la pratique dès les premières années qui a retenu son attention. L'établissement dispose de nombreuses infrastructures permettant aux étudiants de se familiariser progressivement avec les situations qu'ils rencontreront ensuite en clinique. Valentine évoque notamment un hôpital simulé, dans lequel des acteurs reproduisent différents profils de patients et différentes situations, mais également les Simodonts, des simulateurs utilisant la réalité virtuelle pour reproduire certaines sensations rencontrées lors d'un soin dentaire.

Autant d'éléments qui lui ont donné le sentiment de pouvoir bénéficier d'une formation à la fois théorique et très concrète.

Comment se déroulent les études dentaires à Madrid ?

À l'Université Européenne de Madrid, le cursus d'odontologie dure cinq ans.

Même si la pratique occupe rapidement une place importante, les premières années restent principalement consacrées à l'acquisition des connaissances fondamentales nécessaires à la suite des études.

De la théorie à la pratique au fil des cinq années d'études

La première et la deuxième année sont particulièrement axées sur les matières scientifiques. Les étudiants abordent notamment l'anatomie, la physiologie du corps humain, la microbiologie, la biochimie ou encore la biologie cellulaire.

Des enseignements assez généraux au départ, qui permettent ensuite de se spécialiser progressivement dans les disciplines propres à l'odontologie.

Mais théorie ne signifie pas absence de pratique. Dès la première année, Valentine participe à des travaux pratiques en laboratoire et commence à s'entraîner sur différents supports : mannequins, typodonts, simulateurs de réalité virtuelle ou encore mises en situation dans l'hôpital simulé.

Au fil des années, cette dimension pratique prend progressivement davantage de place.

À l'UEM, la véritable pratique clinique auprès de patients intervient principalement à partir de la quatrième année et se poursuit en cinquième année. Après trois années passées dans la phase préclinique de son cursus, Valentine s'apprête donc à franchir cette nouvelle étape à son retour à Madrid.

Le quotidien des étudiants en dentaire à Madrid

Difficile de parler d'une véritable journée type.

Selon les emplois du temps, les étudiants peuvent avoir leurs cours uniquement le matin, uniquement l'après-midi ou à différents moments de la journée. Il est également possible de passer d'un enseignement très théorique à plusieurs heures de travaux pratiques dans la même journée.

À cela s'ajoute une quantité importante de travail personnel.

Valentine explique par exemple qu'elle préférait, lorsque son emploi du temps le permettait, avoir ses cours le matin afin de garder ses après-midi pour travailler et s'organiser comme elle le souhaitait.

Les études dentaires reposent donc rapidement sur un équilibre entre les enseignements scientifiques, la pratique et la capacité de chacun à organiser son travail en autonomie.

De la simulation aux vrais patients : ce que son année en cabinet lui a appris

Après ses trois premières années à Madrid, Valentine a choisi de faire une année de césure en France afin de travailler comme assistante dentaire dans un cabinet spécialisé en pédodontie.

Valentine en pratique sur un patient pendant son stage en clinique dentaire
Valentine lors de son stage en tant qu'assistante dentaire dans un cabinet de pédodontie

Elle avait déjà eu l'occasion de découvrir le milieu professionnel à travers plusieurs stages d'observation, notamment auprès de sa propre dentiste ainsi que d'un chirurgien maxillo-facial et stomatologue. Cette année en cabinet lui a cependant permis, pour la première fois, de réellement participer au quotidien d'une équipe dentaire.

Préparation des plateaux de soins, gestion de la stérilisation, accueil des patients, travail à quatre mains avec le dentiste : cette expérience lui a permis de découvrir des aspects du métier difficiles à reproduire totalement à l'université.

La relation avec les patients en fait notamment partie. Certains arrivent au cabinet avec une simple appréhension, tandis que d'autres peuvent avoir une véritable phobie du dentiste. Savoir les rassurer et instaurer une relation de confiance fait donc pleinement partie du quotidien.

Cette immersion lui a également permis de mesurer la différence entre un entraînement réalisé sur simulateur et la réalité d'un soin. Même avec des outils très performants, travailler auprès d'un véritable patient implique de composer avec des éléments impossibles à reproduire totalement : les mouvements, la langue, la salive ou encore parfois le sang.

« Je recommanderais vraiment à tous les étudiants en dentaire de travailler dans un cabinet, ne serait-ce qu'une fois pendant leurs études. On apprend énormément de choses qu'on ne peut pas forcément apprendre avec des cours. »Valentine, étudiante en odontologie à Madrid

Pour Valentine, cette expérience en cabinet a donc constitué un véritable prolongement de sa formation universitaire et lui a permis d'aborder plus concrètement ce qui l'attendra lors de ses premières années de clinique.

Études dentaires : les difficultés auxquelles on ne pense pas toujours

Lorsqu'on imagine des études dentaires, on pense facilement aux matières scientifiques et aux heures passées à apprendre les gestes techniques. Certaines réalités sont pourtant beaucoup moins visibles avant de commencer le cursus.

Une charge de travail plus dense qu'elle ne l'imaginait

Parmi les premières choses qui ont surpris Valentine : la densité des cours.

Ce n'est pas nécessairement le nombre d'heures passées en classe qui lui a semblé le plus difficile, mais plutôt la quantité d'informations abordées pendant chaque cours. Deux heures peuvent suffire pour voir énormément de notions, qu'il faut ensuite être capable d'assimiler et de retenir.

Les études demandent donc une certaine régularité et une bonne organisation, particulièrement lorsque les examens approchent.

Le coût du matériel, une dépense à anticiper

Autre aspect auquel on pense moins : le prix du matériel nécessaire aux travaux pratiques.

Dans son université, une grande partie des équipements doit être achetée directement par les étudiants. Certaines dépenses peuvent être importantes, notamment lorsqu'il faut investir dans des instruments rotatifs, des turbines, des contre-angles, un articulateur ou encore un arc facial.

Toutes les fournitures n'ont évidemment pas le même coût, mais leur accumulation peut représenter un budget conséquent au fil des années.

Pression, pratique et comparaison avec les autres

Au-delà du volume de travail et du matériel, Valentine considère que l'une des principales difficultés est de réussir à gérer la pression.

Une certaine tension peut s'installer face à la quantité de choses à apprendre et au rythme à tenir. Travailler régulièrement permet de mieux répartir les révisions, même si elle reconnaît qu'il n'est pas toujours facile de maintenir cette organisation idéale tout au long de l'année.

À cela s'ajoute la comparaison avec les autres étudiants.

Cette comparaison peut évidemment passer par les notes, comme dans beaucoup d'autres cursus, mais elle devient particulièrement visible pendant les travaux pratiques. En laboratoire, chacun peut observer le travail réalisé par les autres et rapidement se demander s'il aurait dû procéder différemment.

Avec le recul, Valentine estime justement qu'il est important d'accepter de ne pas tout maîtriser immédiatement.

« Il faut vraiment être patient avec soi-même. C'est normal si on ne fait pas tout correctement du premier coup et s'il faut s'y reprendre à plusieurs reprises. On est tous débutants, on est là pour apprendre. »Valentine, étudiante en odontologie à Madrid

La pratique dentaire demande énormément de précision et de minutie, mais ces compétences ne s'acquièrent pas du jour au lendemain. Se tromper, recommencer et progresser font donc pleinement partie de l'apprentissage.

Les conseils de Valentine pour les futurs étudiants en dentaire

Après plusieurs années d'études, Valentine a aujourd'hui suffisamment de recul pour identifier certaines choses qu'elle aurait aimé savoir avant de commencer.

Valentine, étudiante dentaire à Madrid, en tenue et calot Happyblouse

La première : ne pas se mettre la pression pour trouver immédiatement sa méthode de travail.

Le passage du lycée à l'université constitue déjà un véritable changement. Il faut apprendre à travailler davantage en autonomie, gérer une charge de travail plus importante et trouver progressivement le rythme qui correspond à sa propre façon d'apprendre.

Faut-il avoir un parcours scientifique pour devenir dentiste ?

Pour Valentine, il n'existe pas de parcours idéal permettant à lui seul de garantir la réussite en études dentaires.

Avoir suivi des matières scientifiques au lycée ou avoir déjà effectué une PASS ou une LAS peut apporter certaines bases utiles et permettre de se sentir plus à l'aise au début du cursus.

Mais cela ne signifie pas qu'un étudiant issu d'un tout autre domaine ne pourra pas réussir.

Elle évoque notamment l'exemple d'une camarade qui travaillait auparavant dans l'aéronautique avant de commencer ses études dentaires à Madrid et qui s'est très bien adaptée à la formation.

Plus que le parcours antérieur, la capacité à travailler, à s'adapter et à acquérir progressivement de nouvelles connaissances semble donc déterminante.

Trouver son rythme sans trop se comparer aux autres

Valentine conseille également de garder en tête que chaque étudiant progresse différemment.

Cette idée est particulièrement importante dans les travaux pratiques, où certains gestes peuvent venir naturellement à certains alors que d'autres auront besoin de davantage de répétitions.

La comparaison avec les autres peut parfois être stimulante, mais elle devient vite contre-productive lorsqu'elle conduit à remettre systématiquement en question son propre parcours.

Même chose pour les examens : un échec ponctuel ou un passage aux rattrapages ne remet pas en cause l'ensemble des études.

« C'est OK d'aller aux rattrapages ! C'est beaucoup plus commun que ce qu'on peut croire. Il n'y a pas mort d'homme parce que vous aurez raté une matière un jour. »Valentine, étudiante en odontologie à Madrid

Un conseil simple, mais particulièrement parlant dans un cursus qui peut rapidement pousser les étudiants à se mettre beaucoup de pression.

Confort, praticité, entretien : ce qu'elle attend d'une tenue de dentiste

Son expérience en cabinet a également permis à Valentine de mieux identifier les exigences très concrètes du quotidien d'un dentiste, notamment concernant la tenue professionnelle.

Pour elle, deux critères arrivent en tête : le confort et la praticité.

Une tenue qui suit les mouvements

Contrairement à ce que l'on pourrait imaginer, un dentiste est régulièrement en mouvement : se pencher au-dessus du patient, se tourner pour attraper du matériel, changer de position. Une tenue trop rigide ou rêche devient vite gênante.

Une matière qui tient dans le temps

Les vêtements professionnels sont portés et lavés très régulièrement. La résistance du tissu et sa tenue au fil des lavages font donc partie des critères essentiels.

Un entretien simple

Pouvoir laver sa tenue facilement et éviter les vêtements qui se froissent rapidement facilite forcément le quotidien, surtout lorsque les journées s'enchaînent.

Une image professionnelle

Des vêtements propres et soignés participent à l'image renvoyée au patient et peuvent également aider le praticien à se sentir plus confiant face aux personnes qu'il reçoit.

Pour les étudiants en odontologie comme pour les praticiens, une tenue dentaire adaptée doit donc combiner liberté de mouvement, matière résistante et entretien facile. Les modèles dotés de plusieurs poches sont également appréciés pour garder le petit matériel à portée de main lors des travaux pratiques.

Ce que Valentine retient de son parcours

Le témoignage de Valentine montre que les études dentaires en Espagne vont bien au-delà des connaissances théoriques.

Il faut progressivement acquérir de solides bases scientifiques, développer des gestes très précis, apprendre à organiser son travail, gérer la pression et, surtout, construire toute la dimension relationnelle indispensable au contact des patients.

Son parcours rappelle également qu'il n'est pas nécessaire de tout maîtriser dès le départ. Trouver son rythme, accepter les erreurs, recommencer et multiplier les expériences concrètes font pleinement partie de la formation.

Après trois années d'études à Madrid et une année passée au cœur d'un cabinet dentaire en France, Valentine s'apprête désormais à franchir une nouvelle étape : sa quatrième année et le début de la pratique clinique auprès de patients.

Vous vous intéressez aux études de santé à l'étranger ? Découvrez également l'interview de Léna, étudiante vétérinaire à Madrid.

Auteur : Dorian Martin | LinkedIn