En bref
Comment se déroulent réellement les études vétérinaires en Roumanie ? Maryne, 21 ans, s'apprête à entrer en quatrième année à Iași, dans un cursus entièrement enseigné en anglais. Elle revient sur son parcours, son choix de partir à l'étranger et son quotidien à la faculté.
Études vétérinaires en Roumanie : les voies d'admission, l'organisation des cours et des examens à Iași, les gardes en clinique universitaire, la place des stages en France et les critères d'une tenue vétérinaire adaptée.
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Partir étudier à l'étranger pour devenir vétérinaire est une possibilité envisagée par certains étudiants. Mais comment se déroulent réellement les études vétérinaires en Roumanie ? Comment s'organisent les cours, la pratique et les stages ? Et à quoi ressemble la vie d'une étudiante vétérinaire à Iași ?
Maryne, 21 ans, s'apprête à entrer en quatrième année d'études vétérinaires en Roumanie, dans un cursus entièrement enseigné en anglais. Dans cette interview, elle revient sur son parcours, son choix de partir à l'étranger, son quotidien à la faculté et les expériences qui ont confirmé son envie de devenir vétérinaire.
Découvrez l'interview complète de Maryne en vidéo :
Pourquoi Maryne a choisi de faire ses études vétérinaires en Roumanie
Une vocation depuis l'enfance
Pour Maryne, l'envie de devenir vétérinaire ne date pas d'hier. Depuis toute petite, elle s'intéresse aux animaux, mais aussi au fonctionnement de leur organisme.
Les visites chez le vétérinaire deviennent rapidement l'occasion de poser des questions et d'en apprendre davantage sur le métier. Son stage de troisième, réalisé dans une clinique vétérinaire, vient définitivement confirmer cette vocation.
Au lycée, elle choisit donc un profil scientifique, avec notamment des enseignements en physique, mathématiques et SVT. Pour autant, son parcours après le bac ne sera pas exactement celui qu'elle avait imaginé.
Le parcours qui l'a conduite aux études vétérinaires en Roumanie
Après le lycée, Maryne est acceptée dans plusieurs classes préparatoires BCPST. Pourtant, malgré les encouragements de son entourage à suivre cette voie, elle décide de ne pas s'y engager.
Peu à l'aise en mathématiques et en physique, elle craint surtout qu'un cursus qui ne lui correspond pas finisse par la décourager. Elle choisit donc de suivre pendant un an ce qu'elle appelle son « plan B ».
Cette année lui permet de prendre du recul, de se renseigner sur les différentes possibilités pour devenir vétérinaire et de découvrir les formations proposées à l'étranger.
C'est finalement vers la Roumanie qu'elle se tourne. Elle est admise à l'IULS dans un cursus vétérinaire entièrement enseigné en anglais à Iași, où elle étudie désormais depuis trois ans.
Son parcours illustre surtout qu'une orientation différente du chemin initialement envisagé ne signifie pas nécessairement renoncer à son objectif.
Quels sont les différents parcours pour devenir vétérinaire ?
Au cours de l'interview, Maryne distingue les possibilités existant en France des formations accessibles à l'étranger.
En France, elle évoque notamment l'admission post-bac, la prépa BCPST ainsi que différentes voies après des études supérieures. À l'étranger, les conditions d'admission peuvent fortement varier selon les pays et les établissements.
Dans son cas, l'admission à Iași s'est faite sur la base de ses résultats au baccalauréat. D'autres établissements peuvent fonctionner avec un concours ou un système de sélection différent.
Explorer les différentes possibilités peut donc être particulièrement intéressant lorsque le parcours considéré comme le plus classique ne correspond pas à son profil.
Le conseil de Maryne aux futurs étudiants vétérinaires
S'il y a un message que Maryne souhaite transmettre aux étudiants qui rêvent de devenir vétérinaires, c'est de ne pas abandonner leur projet face aux premières difficultés.
Elle-même ne se sentait pas particulièrement à l'aise en mathématiques et a choisi de refuser les prépas BCPST dans lesquelles elle avait pourtant été acceptée, malgré les avis de son entourage. Quelques années plus tard, elle s'apprête à entrer en quatrième année d'études vétérinaires.
« Le premier conseil que je donnerais, c'est de ne pas perdre sa motivation, de toujours se rappeler pourquoi on veut être vétérinaire et de ne jamais abandonner. »Maryne, étudiante vétérinaire à Iași
Son expérience l'a également convaincue de l'importance de s'écouter au moment de choisir son orientation et d'explorer les différentes possibilités avant de considérer qu'une voie est fermée.
Comment s'organisent les études vétérinaires à Iași ?
Des cours magistraux, des « labs » et des évaluations tout au long de l'année
À Iași, l'emploi du temps de Maryne alterne principalement entre les « lectures », qui correspondent aux cours magistraux, et les « labs », davantage comparables aux TD ou travaux pratiques en France.
Les lectures occupent généralement deux journées assez chargées dans la semaine, avec des blocs de deux heures. Les labs sont organisés en groupes plus restreints, généralement composés de 12 à 17 étudiants, et permettent d'approfondir ou de mettre en pratique certaines notions.
Le rythme peut ainsi beaucoup varier selon les journées. Certaines ne comptent que quelques heures de cours tandis que d'autres peuvent s'étendre de 8 h à 18 h. Les créneaux libres permettent aux étudiants de travailler à la bibliothèque, de faire du sport ou de rentrer chez eux lorsqu'ils habitent à proximité.
L'évaluation combine également plusieurs formats. Dans certaines matières, des lab tests sont organisés régulièrement au cours du semestre et peuvent représenter une partie de la note finale. Ils sont complétés par des périodes d'examens plus importantes.
Cette organisation demande donc de travailler régulièrement tout au long de l'année, même si les périodes précédant les examens restent particulièrement intenses.
S'adapter aux cours en anglais et à une charge de travail importante
Même si Maryne possédait déjà un bon niveau d'anglais au lycée, suivre des études scientifiques entièrement dans cette langue lui a demandé un véritable temps d'adaptation.
Il a notamment fallu se familiariser avec un nouveau vocabulaire scientifique et médical tout en assimilant une quantité d'informations bien plus importante qu'au lycée.
Cette charge de travail l'a progressivement poussée à revoir son organisation et à adopter un rythme de travail plus régulier.
Son cursus lui a toutefois également réservé de bonnes surprises. Certaines disciplines qu'elle imaginait peu apprécier avant son entrée en école ont finalement éveillé son intérêt, notamment la médecine rurale.
Une formation de plus en plus tournée vers la pratique
Les premières années du cursus sont principalement consacrées à l'acquisition des bases scientifiques, avec des matières comme l'anatomie, l'histologie ou encore la physiologie.
À partir de la troisième année, la formation devient progressivement plus concrète avec notamment l'arrivée de la sémiologie vétérinaire.
Maryne apprend alors à réaliser un examen clinique, à prendre les constantes d'un animal et à examiner différents systèmes, notamment digestif et respiratoire.
Pour elle, cette étape marque un véritable tournant dans ses études :
« C'est là où on rentre dans le concret et on se dit : "OK, je suis en vétérinaire !" »Maryne, étudiante vétérinaire à Iași
Les connaissances accumulées pendant les premières années prennent alors progressivement tout leur sens et commencent à être directement reliées aux situations qu'elle pourra rencontrer en clinique.
La faculté possède par ailleurs sa propre clinique vétérinaire, qui accueille les animaux de propriétaires extérieurs. Certains enseignements pratiques peuvent donc se dérouler directement au contact de cas cliniques.


Les gardes cliniques dès la troisième année
À partir de la troisième année, les étudiants commencent également à effectuer des gardes au sein de la clinique vétérinaire de la faculté.
Maryne doit en réaliser six par an. Elle peut notamment participer à la surveillance des animaux hospitalisés, prendre leurs constantes et suivre certains traitements.
Pour accompagner les étudiants qui découvrent encore cet environnement, un système entre promotions est mis en place. En troisième année, Maryne effectue ainsi ses gardes avec un étudiant de sixième année, tandis que les internes restent disponibles en cas de besoin.
Ces gardes constituent l'un de ses premiers véritables contacts avec le fonctionnement quotidien d'une clinique vétérinaire et avec les animaux confiés par leurs propriétaires.
Faire ses études vétérinaires en Roumanie : le retour d'expérience de Maryne
Après trois années passées à Iași, Maryne porte un regard très positif sur son choix de partir étudier en Roumanie.
Au-delà de sa formation, cette expérience lui a permis de découvrir une nouvelle culture, de nouveaux paysages et une autre manière d'étudier. Si suivre les cours en anglais lui demandait davantage d'efforts au départ, elle considère aujourd'hui cette expérience comme un véritable avantage.
« Si j'avais le choix de nouveau, je reprendrais des cours en anglais et je pense que je repartirais à l'étranger. »Maryne, étudiante vétérinaire à Iași
Iași est également une ville très étudiante. Maryne y côtoie notamment de nombreux étudiants français inscrits en médecine, dentisterie, kinésithérapie ou médecine vétérinaire.
Elle apprécie également les liens créés entre les différentes écoles vétérinaires de Roumanie. Des événements et conférences sont régulièrement organisés entre les étudiants de Iași, Cluj, Timișoara et Bucarest, autour de thématiques comme la médecine rurale, équine ou canine.
Ces rencontres sont l'occasion de découvrir d'autres villes, d'échanger avec des étudiants suivant le même cursus et de développer un véritable réseau malgré l'éloignement avec la France.
Un parcours à l'étranger qui ne l'empêche pas de se former en France
Avant de partir, Maryne craignait que ses études en Roumanie puissent être moins bien perçues lorsqu'elle reviendrait effectuer des stages en France.
Son expérience a finalement été très différente.
Les vétérinaires qu'elle a rencontrés se sont avant tout intéressés à sa motivation, à son implication et à son envie d'apprendre. Son cursus à l'étranger ne l'a pas empêchée de multiplier les expériences dans différentes structures lorsqu'elle rentre en France.
Pour elle, partir étudier à l'étranger peut même témoigner de la détermination nécessaire pour poursuivre son projet malgré la distance et les changements que cela implique.
Quelle place occupent les stages pendant les études vétérinaires ?
À Iași, les étudiants doivent effectuer au minimum deux semaines de stage pendant l'été. Ils disposent cependant d'une grande liberté dans le choix de leur environnement : clinique canine, laboratoire, parc zoologique ou autre structure liée à la profession.
Maryne profite de cette flexibilité pour explorer différents aspects du métier. Lorsqu'elle rentre en France, elle essaie également de réaliser des stages supplémentaires pendant ses vacances.
Ces expériences lui ont notamment permis de découvrir des domaines vers lesquels elle ne se serait pas spontanément tournée.
C'est le cas de la médecine rurale. Avant son entrée en école vétérinaire, ce domaine ne l'attirait pas particulièrement. Lors de son premier stage en rurale, son enthousiasme face aux bovins amuse pourtant un éleveur, qui finit par lui proposer de participer à la traite après sa journée avec la vétérinaire.
Une expérience imprévue qui lui permet de découvrir une nouvelle facette du métier et de reconsidérer complètement son intérêt pour ce domaine.

Ce que le terrain lui apprend du métier de vétérinaire
Les stages ne permettent pas uniquement à Maryne de développer ses connaissances médicales et ses compétences pratiques.
Elle découvre également l'importance de la relation avec les propriétaires.
Face à une personne inquiète pour son animal, elle remarque qu'une attitude calme et rassurante peut faire une réelle différence. Prendre le temps d'expliquer la situation, de répondre aux interrogations et de créer un échange permet au propriétaire de mieux comprendre ce qui arrive à son animal.
Ces premières expériences lui montrent progressivement que le métier de vétérinaire ne repose donc pas uniquement sur les connaissances scientifiques et les gestes médicaux. Savoir communiquer et instaurer une relation de confiance fait également partie du quotidien.
L'importance d'une tenue médicale adaptée au métier de vétérinaire
En clinique vétérinaire, les consultations s'enchaînent et les journées impliquent de rester debout, de se déplacer, de se baisser ou encore de contentionner des animaux. La tenue doit donc être capable de suivre ces mouvements sans devenir une contrainte.
Maryne résume particulièrement bien cette réalité :
« On a déjà des journées qui filent à 100 à l'heure, donc il faut que la tenue suive. »Maryne, étudiante vétérinaire à Iași
Pour elle, le premier critère est donc le confort. Elle privilégie des matières légères et agréables à porter qui lui permettent de bouger facilement et d'éviter d'avoir trop chaud lorsqu'elle est active toute la journée.
La résistance est également essentielle. En environnement vétérinaire, les tenues peuvent être tachées, accrochées par les animaux et surtout lavées très régulièrement. Maryne recherche donc des vêtements capables de conserver leurs propriétés au fil des utilisations et des lavages.
Le style garde malgré tout son importance. Elle apprécie les tenues colorées, les coupes dans lesquelles elle se sent bien et le fait de pouvoir assortir sa blouse à son stéthoscope ou à ses chaussures.
Au-delà de l'aspect esthétique, porter sa propre tenue l'aide également à se sentir plus à l'aise et plus confiante sur le terrain. Elle remarque aussi que la blouse contribue à permettre aux propriétaires de mieux identifier son rôle au sein de la clinique.


Confort, liberté de mouvement, résistance et confiance : pour Maryne, une tenue médicale adaptée fait pleinement partie du quotidien d'une future vétérinaire.
De son année de « plan B » à son départ pour Iași, de ses premiers cours en anglais à ses gardes cliniques et ses stages en France, le parcours de Maryne montre qu'il existe différentes manières d'atteindre un même objectif. Trois ans après le début de ses études en Roumanie, chaque nouvelle expérience continue de confirmer son choix : devenir vétérinaire.
Vous vous intéressez aux études de santé à l'étranger ? Découvrez également l'interview de Léna, étudiante vétérinaire à Madrid.
Auteur : Dorian Martin | LinkedIn
